vendredi 10 novembre 2017

Secret

Parfois il n’y a pas de distinction entre un secret et un mensonge. Leur corrélation marque la superficialité d’une relation. On pense appréhender la subsistance d’un individu en jetant quelques regards sur son introspection, mais, réellement, on y voit que ce qu’on désire. Parce qu’on ne pose pas de question. Pour tenir la façade en place. Ne pas révéler l’impénétrable songe. À quel moment est-ce qu’on devient séquestré par l’irrévélable vérité? Peut-être au moment où une barrière s’érige entre l’honnêteté et la fin. Le monde n’est pas un conte de fée juste un récit de faits. Aucune modification ne pourra être apportée aux événements du passé, seulement la façon dont on y réagit.

On a cette illusion; chacun se persuade que l’Autre est dans l’ombre du secret alors qu’on partage les fondations d'un même mensonge. On balbutie donc sur n’importe quoi sauf les aspects importants de l'existence. Moi, qui déteste la superficialité, me prête souvent au jeu, me conformant, à l’image attendue et renforçant leur masque tout en prêchant une naïveté inexistante. Donner l’opportunité au changement revient toujours au même résultat:   des yeux fuyants ou un regard d'incompréhension. Pour les autres, fierté, despotisme superflu et manipulation sont toujours au menu. En réalité, je veux seulement y discerner ne serait-ce qu'un effort de réflexion.

Mes monologues me font souvent paraître schizophrène, parce que ma réalité ne concorde jamais avec celle des autres et pourtant je suis certaine de mes perspectives. Admettre que je suis épuisée, c’est comme arrêter de synchroniser mes mouvements au rythme des vagues pour me laisser glisser au fond du lac. D’habitude, je veux rester au fond, parce que je suis dans l’impossibilité de me fondre dans la masse. Et des fois, je ne tiens pas à émerger, parce que ça va à l’encontre de mes élucubrations.

Alors j’ai vraiment envie de les laisser aller : mon espoir de transcender la banalité humaine, les attachements probatoires et inconsistants, mes désillusions sur les gens et leur ego proéminant… 

Lasse de les forcer à être ce qu’ils ne sont pas.  Lasse d'espérer ce qui n’existe pas.





jeudi 28 septembre 2017

Un air romantique


Aujourd’hui, j’ai trouvé à l’automne, un air romantique…

Les arbres délaissaient leur parure mirifique sur les rues déroutées par les parcelles étincelantes atypiques qui, pour un temps déterminé, orneraient les pavés d’un revêtement honoraire. 

Perturbé par l’éraflement des semelles impertinents sur des dalles, inhabituellement, coquettes, l’air résonnait de pas  ostensiblement vifs. La magnificence du panorama se moquait de la modestie de mon apparat. Au fur et à mesure que mon élan fugitif s’évanouissait, je me remémorais une randonnée qui avait eue lieu des lumières d’années passées. J’étais accompagnée d’un individu fraichement récolté à la sortie d’un banc d’école. En d’autres termes, je camouflais mon complexe de supériorité derrière une excuse : la théorie corrélationnelle entre ingénuité et bonté. J’ai été longuement conditionnée dans l’idée que l’amour résidait dans les actes de violences et j’essayais de me prouver un point. Je voulais tester, empiriquement, une affinité sans brutalité qui, à l’époque, j’associais avec la candeur. Ce n’était pas l’automne, mais le grésillement des feuilles mortes à mes pieds qui me rappelait le sourire innocent que j’avais révoqué avec des yeux, froidement, septiques. Quand la cruauté anime un cœur, l’innocuité d’un monde parait fade et déplacée.  

Un souffle éhonté faisait frémir les branches des arbres embarrassés par l’abandon de leurs caduques aux fresques ombragées; le vent portait les derniers fragments d’un passé fructifié. Ils disent que « l’amour est une question de timing ». Je ne peux pas me permettre d’accorder cette aberrante excuse à ceux qui n’ont pas pu fortifier leurs relations en raison de la modernité du temps. Toutefois, j’imagine qu’il y a des situations plus propices à certaines rencontres, ce qui peut rendre les souvenirs plus délectables.  Dénudés et à l’allure glauque, les rameaux frissonnaient, encore une fois, emportant avec eux la contrition de l’arborescence souveraine.

Le ciel était, subtilement, chaud et il emplissait l’air des couleurs incandescentes de l’automne. On aurait dit que la nature s’amusait de l’extase artificielle affichée sur les figures humaines. Dès lors, il me semblait que quiconque passait sous ce parement lumineux avait un air passionné. Ce qui faisait changement des ombres austères et flétries qui déambulent dans les édifices au-dessus de nos salaires.

On entendait le son des notes, lointaines, d’un piano qu'un individu hasardeux avait offert aux oreilles indifférentes d’une masse scolarisée. Des jeunes femmes aux mines extasiées, pavanaient, niaisement, dans l’espoir de se démarquer de leurs gémeaux. Quelques applaudissements courtois et un seul sourire sournois à cette scène, futilement, romanesque. Pourtant, quelque part au creux d’un vide assiégé-et tourmenté par l’arrière-saison-, je leur envie leurs prestidigitations.  La perception lucide de la réalité ne laisse pas de répits aux esprits conscients et, hâtivement, m’évoque une identité singulière affranchie.

Le temps était exalté; ses émotions translucides invoquaient les sentiments dissimulés, émanant des attachements probatoires.

Aujourd’hui, j’ai trouvé à l’automne, un air romantique.